Communiqué du MDHP après le suicide du Pr Jean Louis Mégnien sur son lieu de travail

Mis en avant

Le suicide sur son lieu de travail du Pr Jean-Louis Mégnien a profondément ému et interpellé la communauté médicale hospitalière. Les nombreux cas rapportés de souffrance au travail pour « harcèlement »  et très concrètement pour humiliations en public répétées,  mises « au placard », sanctions arbitraires apprises par mail sans entretien préalable,  espionnage du courrier, non-réponse aux lettres et aux demandes de rendez-vous, réduction des personnes à leur production  de T2A, etc., nous amènent à rappeler un certain nombre de principes :

1- Tout pouvoir nécessite un contre-pouvoir. Le pouvoir absolu ne peut déboucher que sur l’abus de pouvoir. Le contre-pouvoir ne peut pas  se limiter au  pouvoir  du cran hiérarchique  supérieur : le pouvoir du directeur d’ARS sur le directeur d’hôpital, le pouvoir du chef de pôle sur le chef de service… Il faut une commission des conflits composée de personnes indépendantes dont des personnes qualifiées indépendantes de l’institution.

2- La nomination à des responsabilités pour diriger des équipes médicales (chef de service ou d’unité  ou de département, chef de pôle) ne devraient pas se faire seulement sur des critères de compétences professionnelles en matière de soin, d’enseignement ou de recherche,  voire sur des critères de rentabilité T2A. Elle devrait  aussi prendre en compte des critères portant sur  les capacités d’animation , d’organisation et sur les qualités humaines des postulants dont la première est le respect des personnes, collaborateurs médicaux et non médicaux, étudiants et patients. Ces qualités devraient d’ailleurs être pareillement exigées des cadres de santé et des directeurs administratifs. Une nouvelle culture des relations humaines doit s’instaurer dans les hôpitaux français, un des lieux où la souffrance au travail est la plus répandue. Lire la suite