Affaire Mediator: l’appel des 30

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La gravité de l’affaire  MEDIATOR  est sous estimée par beaucoup.
= mensonges, déni et maintenant multiplication des artifices procéduraux.
Les dégats sont considérables d’abord pour les victimes, mais aussi pour la  communauté médicale dans son ensemble.
 Le silence gêné des responsables des sociétés savantes ,sous prétexte que la pocédure judiciaire  est en cours, devient assourdissant.
 Il permet à tous les égos surdimensionnés et à tous les relativistes anti-scientifiques de développer leurs théories du complot et du tous pourris.   Au nom de la lutte contre la corruption , ils en profitent pour développer  leurs élucubrations contre les vaccins, contre les statines, pour la « patamédecine »…. »L’effet Even: combien de morts? »
Vous trouverez ici le manifeste  demandant à la communauté médicale de suspendre ses liens avec le laboratoire  Servier tant qu’il  ne reconnaîtra pas ses torts et n’acceptera pas d’indemniser les victimes sans multiplier les artifices de procédures. Merci de le signer.
André Grimaldi

Cash investigation: les commentaires d’André Grimaldi, Frédéric Pierru et Nicolas Belorgey

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André Grimaldi, médecin:

« Beaucoup m’ont demandé de commenter l’émission Cash Investigation consacrée à l’hôpital et aux statines.

1°) La première partie sur l’hôpital et sur les directeurs est assez caricaturale mais la dénonciation de la logique productiviste de la T2A conduisant à l » up-coding » m’a semblé assez bien vue, les commentaires du sociologue Frédéric Pierru m’ont paru excellents.
Néanmoins, l’émission n’a porté que sur l’hôpital public dont les personnels protégés par leur statut peuvent parler et non sur les établissements privés dont les professionnels sous contrat se taisent.

2°) La 2ème partie mélangeait perfidement 2 débats: celui sur les conflits d’intérêts et celui sur l’efficacité des statines.
On peut être convaincu de l’efficacité des statines et ne pas avoir de conflits d’intérêts. Et réciproquement, comme le montre le cas singulier de l’ex-président de l’institut privé Necker, grand accusateur des statines (il a dû démissionner précipitamment de sa présidence en raison de ses liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique qu’il dénonce ou loue, à la carte).
Ceci dit le pivot de l’argumentation reposait sur l’accusation de manipulation des données de l’étude Jupiter réalisée chez des personnes en prévention primaire.

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Sur le web – 2015, semaines 27-35

1er juillet : la Los Angeles Review of Books  retrace l’histoire de ce qui fut initialement un médicament, le LSD.

1er juillet : un chercheur ayant truqué ses résultats est condamné à près de cinq ans de prison et à rembourser 7 M$. Cela se passe aux Etats-Unis (voir ici).

2 juillet : Ted J. Kaptchuk et Franklin G. Miller nous rappellent dans le NEJM que l’effet placebo n’est pas l’effet zéro. Dans le même numéro, Eric S. Lander définit les nouveaux enjeux médicaux maintenant que l’on peut non plus seulement lire le génome, mais le réécrire avec une grande facilité.

4 juillet : the Guardian analyse le dernier livre de Richard H. Thaler, un des créateurs de l’économie comportementale et auteur du célèbre Nudge. Ili a fait faire un bond en avant conceptuel aux économistes en considérant, contrairement aux théories dites classiques, que l’Homme n’était pas un agent rationnel. Lire la suite

Appel des médecins hospitaliers pour sortir l’hôpital public de la crise

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Cet appel a été lancé par des médecins de l’hôpital public.
Tous les professionnels de santé, les usagers sont invités à le signer.

Vous trouverez le formulaire de signature juste après le texte de l’appel.

Les hôpitaux publics connaissent une double crise, une crise de financement, et une crise d’adaptation au progrès de la médecine et aux changements des besoins des patients.

La crise financière est due à la volonté des gouvernements successifs de contraindre un peu plus chaque année le budget hospitalier. Ce sont 3 milliards d’économie qui sont à nouveau demandés aux hôpitaux d’ici 2019. Les directeurs d’hôpitaux en déficit devront prendre les mesures nécessaires pour assurer le retour à l’équilibre : geler les investissements, supprimer des activité non rentables, réduire les emplois, utiliser de plus en plus des personnels sous contrats temporaires et demander aux personnels sous statut de travailler plus sans gagner plus, alors même que la « productivité » hospitalière a augmenté selon les sources officielles de 2% par an depuis 2003 et que des journées travaillées et non payées s’accumulent sur des comptes épargne-temps. Lire la suite

Améliorer la qualité des soins : mythe et réalité.

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Comment améliorer la qualité des soins ? Le « manageur » et le « consommateur éclairé » répondent en chœur : «  d’abord en la mesurant, puis en la payant ». Et l’économiste libéral ajoute en optimisant le rapport qualité/coût grâce à la libre concurrence. Hélas, il n’est pas facile de transformer la qualité en quantité (« de faire d’un tout un tas » comme dirait Régis Debray) dès lors qu’il ne s’agit pas d’appliquer simplement des procédures mais d’individualiser les traitements en prenant en compte l’extrême variabilité des êtres humains sur le plan biomédical et plus encore psychosocial. Si les «  indices de qualité » portent sur les résultats, ils incitent à sélectionner les patients, s’ils portent sur les procédures ils entraînent des biais de comportements opportunistes et ratent l’objectif. Verser de la solution hydro-alcoolique dans le lavabo améliore l’indice de lutte contre les infections nosocomiales  ! L’expérience anglaise du Pay for Performance (P4P) a montré que pour remplacer la motivation intrinsèque des médecins par une motivation financière extrinsèque, il fallait y mettre le prix ! Plus récemment la Cour des comptes a estimé que la carotte au doux nom de ROSP (revenu sur objectif de santé publique) était trop sucrée et qu’il serait judicieux d’y associer le bâton ! Et surtout on a vu que les médecins avaient alors tendance à soigner les indices plutôt que les patients. D’où en retour une certaine méfiance des patients : «  il m’a prescrit un générique pour toucher la prime ! ».

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Sur le web – 2015, semaines 22-26

Aux Etats-Unis, la formation par compagnonnage des jeunes médecins a subi la même évolution qu’en France (voir ici l’article de la New York Review of Books : règlementation limitant la durée du travail et mettant en péril la continuité des soins, pression financière et surcharge de travail, épuisement professionnel et souffrance au travail, dictature des procédures, manque de temps pour approfondir l’expérience clinique, débauche d’examens complémentaires inutiles et coûteux, dévalorisation des fonctions d’enseignement dans les carrières… Lire la suite

Approche médicale de la crise

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par Laurent Degos, en complément de sa chronique parue le 02/06/2015 dans La Croix

En période de crise, qui n’est en fait qu’une mutation due au progrès médical, chacun défend son pré carré et se réfère à des valeurs multiples, catégorielles, de contraintes financières, de défense de l’emploi, de sécurité, de qualité, et d’efficience. En fait la seule valeur en santé est le résultat médical obtenu après la prise en charge du patient. Lire la suite

Va-t-on vers une grève nationale des personnels hospitaliers?

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Pour mieux comprendre le caractère explosif de la situation, il faut écouter l’audition du Directeur de la DREES,  Mr Franck von Lennep, par la commission parlementaire présidée par madame la député Barbara  Romagnan, chargée d’étudier les effets de la réduction du temps de travail. Hélas la vidéo a été retirée aujourd’hui du site de l’Assemblée nationale
En substance le directeur de la DREES y rappelait:
1) que la « productivité » des hôpitaux n’a cessé d’augmenter depuis 2003
( » 2% par an » )

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Un rapt de 429 millions d’euros ?

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D’après la FHF le gouvernement  a détourné 429 millions des MIGAC . Ce faisant il a réduit le déficit de la Sécu en augmentant d’autant celui des hôpitaux publics, lesquels font de leur côté tout ce qu’ils peuvent  pour augmenter la facture à la Sécu (T2A oblige). L’APHP forme 15 codeurs supplémentaires chaque année !
Pour réduire le déficit des hôpitaux,  les directeurs après avoir vendu les bijoux de famille et raclé les fonds de territoire,  sont obligés de demander aux personnels de travailler plus sans gagner plus (en réduisant le nombre des  RTT) ou de supprimer des emplois au risque d’être contraints de réduire l’activité (on voit mal comment des syndicats pourraient être d’accord ). Gageons que Martin Hirsch sera finalement contraint de faire et l’un et l’autre. Il diminuera un peu le nombre de jours de RTT et diminuera les emplois ( moins que prévu)  .

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FHF: comment les pouvoirs publics organisent le déficit des hôpitaux publics

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A l’occasion des derniers Salons Santé Autonomie (19 au 21 mai), le Ministère de la Santé a annoncé une aggravation probable du déficit des hôpitaux publics en 2014. Le chiffre avancé est de l’ordre de 400 millions d’euros.

La FHF avait, quant à elle, pronostiqué une diminution du déficit 2014 par rapport à celui de 2013, en raison notamment d’une campagne budgétaire et tarifaire plus équitable que les années précédentes. C’était hélas sans compter sur le tour de passe-passe des Pouvoirs Publics. L’aggravation du déficit est en effet le simple et consternant résultat du non-respect par l’Etat de ses engagements. Lire la suite