Veillée électorale

En cette rentrée de veillée électorale ,il y a de fortes chances que la Santé ne fasse pas partie du pugilat qui s’annonce.
Le débat classique gauche /droite  risque de se résumer à la généralisation du  tiers payant que la droite veut abolir au nom de la « responsabilisation » du patient amoindrie par cette « pseudo-gratuité » et de la défense de la médecine libérale « menacée  de fonctionnarisation », tandis que la gauche de gouvernement soutenue sur ce point par ses « frondeurs »  la défendra au nom de la lutte contre les » inégalités sociales de santé grandissantes ». Plutôt que cette généralisation consacrant la place des assurances santé complémentaires, au nombre de 570, dans l’organisation du système de santé, un gouvernement de gauche aurait été bien inspiré de mettre en place avant 2017 le tiers payant uniquement pour la part des remboursements relevant de la Sécurité sociale.
Les deux grands défis de notre système de santé, l’épidémie des maladies chroniques (20 millions de personnes dont 10 en ALD) et les coûts exorbitants à plus de 50 000 euros par an et par personne des médicaments  et dispositifs innovants, seront évidemment escamotés, réduits à des voeux pieux sur la coordination des soins et sur la concertation internationale indispensable pour faire face aux exigences des multinationales de l’industrie pharmaceutique dont les profits voisinent ceux de l’industrie du luxe.
Restent 2 questions essentielles :

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Le programme de Nicolas Sarkozy pour notre système de santé

Nicolas Sarkozy a précisé le 25 mai 2016 son programme pour la Santé lors d’un entretien avec le Quotidien du Médecin.
L’article a pour titre: le temps est venu de la médecine de ville ». Vous le trouverez ici.

La mesure phare chiffrée est la réduction du taux de remboursement par la Sécurité sociale de 76 à 73% soit une économie de 6 milliards pour la Sécu et en conséquence une augmentation du montant des primes d’assurances complémentaires (mutuelles, instituts de prévoyance ou compagnies d’assurrance) et/ou une augmentation du reste à charge pour les ménages.

Vieille recette: pour diminuer la dépense publique il suffit de la privatiser! Rappelons que la dépense de santé publique aux USA n’est que de 8% du PIB , mais il faut y ajouter 9% du PIB de dépenses privées,soit au total 17% du PIB avec les résultats de santé publique qu’on connaît.

Les conséquences de ce désengagement de la Sécu au profit des assurances privées sont connues:

1. augmentation des inégalités sociales de santé ,augmentation du renoncement aux soins de ceux qui gagnent un peu plus que le plafond de la CMU.

2. moindre efficience dans la mesure où les frais de gestion des assurances complémentaires avoisinent 25% du chiffre d’affaire contre moins de 5% pour la Sécu ( à l’échelle nationale ces frais de gestion représente 7 milliards pour les AMC )

3. remboursement des soins courants ( hors hôpital et hors ALD) pour plus de 50% par les complémentaires qui obtiendront ainsi légalement satisfaction de leur revendication majeure: conventionner sélectivement les professionnels et les établissements de santé. Lire la suite

Recettes radiologiques d’adaptation à la T2A

par Valérie Chigot, intervention du 29/01/2016 devant la commission présidée par Oliver Veran

 

INTRODUCTION

La Tarification à l’Activité (T2A) serait, selon certains, parfaitement adaptée aux actes techniques (reproductibles, standardisés, répétitifs). La radiologie en ferait partie.

Pourtant, en radiologie également, la T2A couplée à une diminution constante des cotations des actes par la CNAM encourage et contraint parfois les services de radiologie (publics, privés) à augmenter leur production afin de maintenir leur équilibre financier.

Ancienne PH de l’hôpital public, actuellement salariée dans un ESPIC (hôpital privé à but non lucratif) et médecin remplaçant dans de nombreuses structures privées en secteur 1 et 2, je vous livre aujourd’hui quelques « recettes » que j’ai collectées pour optimiser la T2A en radiologie. Je précise qu’aucune des structures dans lesquelles j’ai exercé ne les applique toutes.

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Insuffisance rénale et T2A : quelle rentabilité pour quelle qualité des soins ?

 

Intervention d’Yvanie Caillé, directrice générale de l’Association Renaloo, le 29/01/2016 devant la commission présidée par Olivier Veran

 Entre 2 et 3 millions de personnes en France seraient concernées par une maladie rénale. La plupart l’ignorent. Environ 76 000 personnes sont traitées pour une insuffisance rénale terminale (nécessitant un traitement de suppléance : dialyse ou greffe) : 55% (42000) sont dialysées et 45% (34000) transplantées Lire la suite

Réforme du Financement de l’Hôpital

Intervention de Michel Rosenblatt, SYNCASS CFDT, le 29/01/2016 devant la commission présidée par Olivier Veran.

Il y a quelques années, je fêtais la Saint-Sylvestre avec un ami, chef de service de réanimation pédiatrique. Il me racontait un audit dans son service, le seul d’une grande zone urbaine. En substance : « le service répond à une besoin avéré, son organisation est efficace et de qualité, mais son niveau d’activité est un peu trop juste ». Il demandait alors si cela suggérait le regret qu’il n’y ait pas… un peu plus de maladies graves, de drames domestiques ou d’accidents de la route, pour augmenter l’activité du service. Lire la suite

Financement des hôpitaux

             Intervention lors de la rencontre avec la commission ministérielle dirigée par Olivier VERAN le 29/1/2016.

 

La mise en œuvre de la T2A, de façon précipitée en 2004 puis généralisée en 2008, a été le résultat de la conjonction d’un constat, d’une vision et d’une politique.

1 ) Le constat portait sur les limites de la dotation globale instaurée en 1983.

La dotation globale donnait une grande liberté d’organisation et d’activités aux médecins, mais par définition dans les limites de l’enveloppe budgétaire allouée.

Elle ne permettait pas le financement des médicaments et des dispositifs innovants et coûteux. Elle était injuste car elle avait été fondée sur une base historique qu’elle tendait à pérenniser. Elle ne prenait pas assez en compte l’évolution de l’activité. Elle ne contraignait pas à un codage exhaustif du PMSI.

Mais la prudence, défendue à l’époque par certains économistes et gestionnaires, aurait été de la faire évoluer comme on avait commencé à le faire avec l’instauration en 1996 des points ISA dépendant de l’activité. On aurait pu aussi décider d’une « liste en sus », hors dotation annuelle, pour les médicaments et dispositifs innovants et très coûteux

A ce constat critique sont venus s’ajouter une vision de l’avenir de la médecine et une orientation générale de la politique publique

2) La vision de l’avenir de la médecine était celle défendue par des médecins ultra-spécialisés comme Guy Vallancien et des économistes de la santé comme Claude Le Pen. Lire la suite

Discussion avec la commission d’Olivier Veran sur la réforme de la T2A à l’hôpital

A la demande d’Olivier Veran, qui préside la commission sur la réforme du financement de l’hôpital, le MDHP a réuni le 29 janvier 2016  plusieurs acteurs du système de santé, (membres et non membres du MDHP) afin de témoigner concrètement des effets négatifs de la T2A.

Les intervenants (dont vous trouverez ci dessous la liste) ont indiqué que la pression exercée par la T2A pouvait modifier les comportements des soignants, en les forçant à privilégier et à augmenter les actes et soins les plus « rentables ». Lire la suite

Les maladies chroniques: un enjeu majeur pour notre système de santé

Notre système de santé est et va être soumis à un double défi :

  • d’une part le défi du financement du progrès biomédical et technologique avec des médicaments à plus de 100 000 euros par an, susceptibles de remettre en cause l’égalité d’accès aux soins.
  • d’autre part le défi des maladies chroniques qu’on peut soigner de mieux en mieux mais qu’on ne sait pas guérir. Elles touchent plus de 16 millions de patients et représentent 65% du budget de la Sécurité sociale

Or notre système de santé, ou plus exactement notre système de soins, n’est pas adapté au défi des maladies chroniques, sur 4 plans: prévention, modèle conceptuel, organisation, et rémunération. Lire la suite

Analyse du programme de santé de François Fillon

François Fillon a présenté son programme santé . Il analyse assez justement l’impossibilité de poursuivre en l’état avec un système mixte à tous les niveaux : public et privé, financé à la fois par la Sécurité sociale et les assurances privées « complémentaires » (et par le reste à charge pour les ménages), géré à la fois par l’Etat et par la Sécurité sociale et dont les déficits s’accroissent avec le chômage, tandis que le remboursement de la dette est légué aux générations futures.

Il propose donc une mesure similaire au point 12 de la Charte pour une Santé solidaire (ci joint): la règle d’or de l’équilibre budgétaire de la Sécu. Lorsqu’un déficit est enregistré l’année n, l’année n+1 le déficit est comblé automatiquement par une augmentation des ressources ou/et par une diminution des dépenses. Encore faut-il que la décision soit prise après « débat avec les citoyens ». FF semble regretter « que dans les faits, la santé ne fasse pas l’objet d’un réel débat public » (page 10). Il s’agit toutefois d’un simple regret sans repentir de sa part pour la loi techno/bureaucratique dite HPST.

 

Mais pour sortir de la mixité complexe et coûteuse de notre système de santé, il y a plusieurs voies:

1) celle de l’étatisation, épouvantail des professionnels de santé libéraux.

2) celle de la privatisation et de la mise en concurrence sur le marché avec ses conséquences : plus d’inégalité, un peu moins de dépenses publiques mais beaucoup plus de dépenses privées

3) celle de la socialisation grâce à une Sécurité sociale renforcée avec un financement solidaire dédié, remboursant à au moins 80% un panier de soin solidaire , et cogérée par les représentants de l’Etat, des professionnels de santé et des usagers( cf la Charte pour une santé solidaire)

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Collaborer avec les associations de patients: l’exemple des Etats Généraux du Rein.

Renaloo, association de patients créée en 2008, a pendant 2 ans ( 2012-2013) collaboré avec la Société Francophone de Dialyse et la Société de Néphrologie lors des Etats Généraux du Rein, qui ont permis de faire le bilan des progrès obtenus et restant à faire dans la prise en charge des patients insuffisants rénaux.

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Le rapport de la Cour des comptes rendu public en septembre 2015 consacre son chapitre X à l’insuffisance chronique terminale. Lire la suite