Communiqué du MDHP après le suicide du Pr Jean Louis Mégnien sur son lieu de travail

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Le suicide sur son lieu de travail du Pr Jean-Louis Mégnien a profondément ému et interpellé la communauté médicale hospitalière. Les nombreux cas rapportés de souffrance au travail pour « harcèlement »  et très concrètement pour humiliations en public répétées,  mises « au placard », sanctions arbitraires apprises par mail sans entretien préalable,  espionnage du courrier, non-réponse aux lettres et aux demandes de rendez-vous, réduction des personnes à leur production  de T2A, etc., nous amènent à rappeler un certain nombre de principes :

1- Tout pouvoir nécessite un contre-pouvoir. Le pouvoir absolu ne peut déboucher que sur l’abus de pouvoir. Le contre-pouvoir ne peut pas  se limiter au  pouvoir  du cran hiérarchique  supérieur : le pouvoir du directeur d’ARS sur le directeur d’hôpital, le pouvoir du chef de pôle sur le chef de service… Il faut une commission des conflits composée de personnes indépendantes dont des personnes qualifiées indépendantes de l’institution.

2- La nomination à des responsabilités pour diriger des équipes médicales (chef de service ou d’unité  ou de département, chef de pôle) ne devraient pas se faire seulement sur des critères de compétences professionnelles en matière de soin, d’enseignement ou de recherche,  voire sur des critères de rentabilité T2A. Elle devrait  aussi prendre en compte des critères portant sur  les capacités d’animation , d’organisation et sur les qualités humaines des postulants dont la première est le respect des personnes, collaborateurs médicaux et non médicaux, étudiants et patients. Ces qualités devraient d’ailleurs être pareillement exigées des cadres de santé et des directeurs administratifs. Une nouvelle culture des relations humaines doit s’instaurer dans les hôpitaux français, un des lieux où la souffrance au travail est la plus répandue. Lire la suite

Communiqué sur les 35 heures à l’AP-HP

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L’AP-HP vient d’ouvrir la négociation sur l’organisation du temps de travail. Cette négociation ne remet pas en cause les 35 heures comme durée hebdomadaire de travail, mais a pour objectif selon la direction d’adapter l’organisation du travail aux nouveaux besoins des patients, d’améliorer les conditions de travail et de permettre de « défendre l’emploi à l’AP-HP ». Il s’agit de faire des économies en réduisant le nombre de jours de récupération du temps de travail, c’est-à-dire de demander au personnel de travailler plus en gagnant autant. En échange la direction générale fait des promesses : stabiliser les plannings de travail aujourd’hui fluctuants, ce qui est une source de désorganisation quotidienne des équipes de soins, et surtout maintenir les effectifs, en évitant de supprimer dans les 5 ans 4000 emplois, dans l’espoir d’un retour à l’équilibre financier. Mais la tenue de ces promesses dépend d’autres facteurs, en particulier des tarifs des séjours, qui sont revus à la baisse année après année, et des plans d’économie des dépenses publiques, qui frappent particulièrement le secteur de la santé et les établissements hospitaliers. Lire la suite

Charte pour une santé solidaire

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La santé est notre bien le plus précieux. Sa protection est un principe constitutionnel fondamental. Elle impose une politique de prévention et de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. Elle suppose également de garantir l’égalité d’accès aux soins quand survient la maladie. C’est pourquoi la protection sociale de la santé doit être financée par la solidarité. Mais ce financement est forcément limité, obligeant à faire des choix selon la règle du juste soin pour le patient au moindre coût pour la collectivité, en distinguant ce qui relève de la solidarité, et, à ce titre, devrait être entièrement financé par la collectivité, et ce qui relève de choix personnels. L’évolution de la médecine et de la société, l’aspiration démocratique et égalitaire appellent une Charte pour une santé solidaire fondée sur les principes suivants :

1. Respect des droits des malades 1)dignité, non-discrimination, secret médical, information, codécision et participation

2. Formation à la santé à l’école, au collège et au lycée

3. Prévention et éducation à la santé tout au long de la vie en lien avec le médecin traitant2)avec le concours notamment des services de prévention collective (protection maternelle et infantile, santé scolaire, santé au travail, …)

4. Garantie d’un accès effectif 3)respect des tarifs fixés par les conventions conclues entre la Sécurité sociale et les professions de santé et délais de prise en charge adaptés sur tout le territoireà une médecine de ville universelle 4) définie comme une médecine de ville (professionnels libéraux, centres de santé, …) respectant les tarifs fixés par les conventions conclues entre la Sécurité sociale et les professions de santé, par opposition aux professionnels de santé pratiquant des dépassements d’honoraires et au service public hospitalier Lire la suite

References   [ + ]

1. dignité, non-discrimination, secret médical, information, codécision et participation
2. avec le concours notamment des services de prévention collective (protection maternelle et infantile, santé scolaire, santé au travail, …)
3. respect des tarifs fixés par les conventions conclues entre la Sécurité sociale et les professions de santé et délais de prise en charge adaptés sur tout le territoire
4. définie comme une médecine de ville (professionnels libéraux, centres de santé, …) respectant les tarifs fixés par les conventions conclues entre la Sécurité sociale et les professions de santé, par opposition aux professionnels de santé pratiquant des dépassements d’honoraires 

Lettre ouverte aux internes et aux chefs de clinique

Chers collègues,

Vous avez appelé à manifester le 15 mars contre le projet de loi de santé qui apporte des réponses insatisfaisantes, voire inquiétantes, aux questions soulevées par la « stratégie nationale de santé ». Vous avez été rejoints par l’ensemble des syndicats de médecins libéraux et par la Fédération de l’hospitalisation privée à but lucratif, qui sont en train de négocier les modifications de la loi avec la ministre. Ce « front » de circonstance risque fort d’aboutir à une loi de compromis autour du plus petit dénominateur commun, ce qui ne satisfera réellement personne mais qui permettra, hélas, au système de suivre sa plus grande pente : celle de la marchandisation de la médecine, d’un côté, et de sa bureaucratisation de l’autre, à la satisfaction des managers adeptes du « new public management », mais au détriment des professionnels, considérés comme des prestataires à l’autonomie de plus en plus réduite, et des patients, transformés en clients.

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Positions du MDHP sur le service public hospitalier

Alors que le projet de loi de santé  doit être modifié et que l’article concernant le service public hospitalier (SPH) doit être réécrit avec les représentants de l’hospitalisation privée, comme s’y est engagée la ministre, le MDHP tient à rappeler ses positions sur la définition du SPH et l’organisation des hôpitaux publics :

1°) Le SPH se définit par :

– ses missions (accueil des urgences, soins spécifiques (par exemple greffes), formation, recherche, activités de santé publique, lutte contre l’exclusion sociale, soins aux prisonniers …) ; Lire la suite

Communiqué sur l’avant projet de Loi de Santé Publique.

Le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP) estime que l’avant-projet de loi de santé tel qu’il a été communiqué en juillet se situe dans la continuité de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), mise en place par le précédent gouvernement. Cet avant-projet ne prend pas en compte les nécessaires réformes préconisées par les rapports Couty et Cordier.

Le service public hospitalier ne retrouve pas sa place. L’article 25 du texte ne prévoit qu’un « bloc d’obligation » pour définir le service public hospitalier : accueil de tous, permanence des soins, sous réserve d’un délai de prise en charge raisonnable, et absence de facturation de dépassements. Ces termes indispensables mais insuffisants Lire la suite