Ambiguïté de la FHF et double langage de ses présidents

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La FHF se dit très déçue par la position du Sénat rejetant la définition du Service Public Hospitalier (SPH) proposée par la loi de santé. Les sénateurs veulent revenir à la loi HPST qui définissait le service public hospitalier par 14 missions (potentiellement délégables à la carte aux établissements privés), si bien que 70% de l’activité de l’hôpital public ne relevaient pas du service public, selon la loi HPST,
Cette activité devait  donc être  soumise  à la » libre concurrence ». D’où le projet de convergence tarifaire entre le public et le privé.

 Rien d’étonnant puisque le sénat est présidé par Gérard Larcher qui présida la commission du même nom qui inspira la loi HPST. Il est utile de rappeler que le mêrme Gérard Larcher fût président de la FHF et préside toujours un » think tank » censé en préparer l’avenir…
Cet avenir pourrait se trouver dans les « 15 propositions pour une politique de santé sans tabou » de Valérie Pécresse parmi lesquelles la proposition 5: « Autoriser les hôpitaux publics à passer sous statut d’Etablissement Privé de Santé d’intérêt Collectif » et d’ajouter « L’institut Mutualiste Montsouris et le groupe hospitalier Paris Saint Joseph démontrent que cette mesure fonctionne,il faut donc offrir cette possibilité à l’ensemble des hôpitaux publics ».
 En effet grâce au privé (non lucratif mais rentable) on peut sélectionner ses activités, embaucher sous contrat et débaucher plus facilement, faire varier les rémunérations et les primes des uns et des autres en fonction de leur rentabilité et surtout  en cas de non rentabilité,  on  peut déposer le bilan, faire faillite et  être vendu ! Evidemment ça rend les médecins du privé non lucratif, embauchés sous contrat, plus prudents  et plus réservés dans l’expression de leurs critiques. On imagine mal un médecin du privé, lucratif ou non lucratif, dénoncer « l’up-coding » !
Le fond de l’affaire, c’est que le service public se définit non seulement pas ses missions , non seulement par ses obligations mais par son statut l’obligeant à rechercher « le juste soin pour le patient au moindre coût pour la collectivité » c’est à dire l’efficience des sommes allouées par la collectivité et non à rechercher  la rentabilité indépendamment de la pertinence de l’activité .Le » tout  T2A » a subsitué au critére d’efficience pour la collectivité,  le critère de rentabilité pour l’établissement. La dynamique du tout T2A c’est la privatisation.
 Le ministère  en aurait enfin pris conscience… De toute façon,  il est bien tard alors que le projet de loi inscrit les hôpitaux privés à but non lucratif de plain pied dans le service public à égalité  avec les hôpitaux publics,  alors qu’ils  devraient  avoir le statut de participants au SPH (PSPH) en complémentarité et non en concurrence avec les hôpitaux publics …
Mais où donc Valérie Pécresse a-t-elle trouvé ses propositions « sans tabou » ? Peut-être chez son ami et  porte-parole aux élections régionales: Frédéric Valletoux, président actuel de la FHF.
On croit entrevoir  la continuité de « pensée » entre l’actuel et l’ancien président de la FHF : ils défendent avec passion  le SPH mais souhaitent  la privatisation des  hôpitaux publics avec un seul patron à leur  tête: le PDG.
 Evidemment cette « politique libérale » tire argument des positions corporatistes qui oublient que le service public est au service du public et n’appartient pas à ses agents.
André Grimaldi

Une réflexion au sujet de « Ambiguïté de la FHF et double langage de ses présidents »

  1. Valérie Pécresse s’avance un peu rapidement en prétendant que la fusion de l’IMM et de l’hôpital privé Saint Joseph est un succès: cette fusion n’a pas encore eu lieu…

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