Le programme de Nicolas Sarkozy pour notre système de santé

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Nicolas Sarkozy a précisé le 25 mai 2016 son programme pour la Santé lors d’un entretien avec le Quotidien du Médecin.
L’article a pour titre: le temps est venu de la médecine de ville ». Vous le trouverez ici.

La mesure phare chiffrée est la réduction du taux de remboursement par la Sécurité sociale de 76 à 73% soit une économie de 6 milliards pour la Sécu et en conséquence une augmentation du montant des primes d’assurances complémentaires (mutuelles, instituts de prévoyance ou compagnies d’assurrance) et/ou une augmentation du reste à charge pour les ménages.

Vieille recette: pour diminuer la dépense publique il suffit de la privatiser! Rappelons que la dépense de santé publique aux USA n’est que de 8% du PIB , mais il faut y ajouter 9% du PIB de dépenses privées,soit au total 17% du PIB avec les résultats de santé publique qu’on connaît.

Les conséquences de ce désengagement de la Sécu au profit des assurances privées sont connues:

1. augmentation des inégalités sociales de santé ,augmentation du renoncement aux soins de ceux qui gagnent un peu plus que le plafond de la CMU.

2. moindre efficience dans la mesure où les frais de gestion des assurances complémentaires avoisinent 25% du chiffre d’affaire contre moins de 5% pour la Sécu ( à l’échelle nationale ces frais de gestion représente 7 milliards pour les AMC )

3. remboursement des soins courants ( hors hôpital et hors ALD) pour plus de 50% par les complémentaires qui obtiendront ainsi légalement satisfaction de leur revendication majeure: conventionner sélectivement les professionnels et les établissements de santé. Lire la suite

Absentéisme à l’hôpital: quelles en sont les causes ?

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Tribune d’André Grimaldi et Valérie Chigot
L’IFRAP a publié en février 2016 un palmarès de l’absentéisme dans les hôpitaux publics, le Figaro n’a pas tardé à en publier un autre, le 20 avril 2016.
 Le lendemain, le vice président de la FHF, David Gruson semblait avoir trouvé la cause de cet absentéisme et demandait le rétablissement du jour de carence 1)un jour de carence est un jour d’absence pour maladie non indemnisé par l’Assurance Maladie et l’employeur. Il varie de 0 -dans la Fonction publique- à 3 -dans le secteur privé, selon les accords de branche et les accords locaux-supprimé en janvier 2014 dans la fonction publique ).
Il faut rappeler que l’IFRAP dans son rapport constate pourtant que l’absentéisme n’est pas significativement différent dans les hôpitaux privés dont le personnel conserve des jours de carence 2)« On constate donc qu’il n’y pas a priori de différence sur l’absentéisme toutes causes qui se situe pour l’ensemble du personnel à 24,4 jours pour l’hospitalisation privée contre 26,27 jours dans les hôpitaux publics de notre échantillon et à 19,4 jours hors parentalité pour l’hospitalisation privée contre 20,47 pour les hôpitaux publics. ».

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References   [ + ]

1. un jour de carence est un jour d’absence pour maladie non indemnisé par l’Assurance Maladie et l’employeur. Il varie de 0 -dans la Fonction publique- à 3 -dans le secteur privé, selon les accords de branche et les accords locaux-
2. « On constate donc qu’il n’y pas a priori de différence sur l’absentéisme toutes causes qui se situe pour l’ensemble du personnel à 24,4 jours pour l’hospitalisation privée contre 26,27 jours dans les hôpitaux publics de notre échantillon et à 19,4 jours hors parentalité pour l’hospitalisation privée contre 20,47 pour les hôpitaux publics. »

Recettes radiologiques d’adaptation à la T2A

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par Valérie Chigot, intervention du 29/01/2016 devant la commission présidée par Oliver Veran

 

INTRODUCTION

La Tarification à l’Activité (T2A) serait, selon certains, parfaitement adaptée aux actes techniques (reproductibles, standardisés, répétitifs). La radiologie en ferait partie.

Pourtant, en radiologie également, la T2A couplée à une diminution constante des cotations des actes par la CNAM encourage et contraint parfois les services de radiologie (publics, privés) à augmenter leur production afin de maintenir leur équilibre financier.

Ancienne PH de l’hôpital public, actuellement salariée dans un ESPIC (hôpital privé à but non lucratif) et médecin remplaçant dans de nombreuses structures privées en secteur 1 et 2, je vous livre aujourd’hui quelques « recettes » que j’ai collectées pour optimiser la T2A en radiologie. Je précise qu’aucune des structures dans lesquelles j’ai exercé ne les applique toutes.

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Insuffisance rénale et T2A : quelle rentabilité pour quelle qualité des soins ?

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Intervention d’Yvanie Caillé, directrice générale de l’Association Renaloo, le 29/01/2016 devant la commission présidée par Olivier Veran

 Entre 2 et 3 millions de personnes en France seraient concernées par une maladie rénale. La plupart l’ignorent. Environ 76 000 personnes sont traitées pour une insuffisance rénale terminale (nécessitant un traitement de suppléance : dialyse ou greffe) : 55% (42000) sont dialysées et 45% (34000) transplantées Lire la suite

Réforme du Financement de l’Hôpital

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Intervention de Michel Rosenblatt, SYNCASS CFDT, le 29/01/2016 devant la commission présidée par Olivier Veran.

Il y a quelques années, je fêtais la Saint-Sylvestre avec un ami, chef de service de réanimation pédiatrique. Il me racontait un audit dans son service, le seul d’une grande zone urbaine. En substance : « le service répond à une besoin avéré, son organisation est efficace et de qualité, mais son niveau d’activité est un peu trop juste ». Il demandait alors si cela suggérait le regret qu’il n’y ait pas… un peu plus de maladies graves, de drames domestiques ou d’accidents de la route, pour augmenter l’activité du service. Lire la suite

Effets pervers de la T2A sur les pratiques médicales en neurologie ou comment changer le paradigme soignant

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Texte de Sophie Crozier, David Grabli, Sophie Demeret, Francis Bolgert, Anne Léger, Caroline Papeix, Benjamin Rohaut, François Salachas, Karine Viala,  neurologues (groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris)

Intervention du 29/01/2016 devant la commission présidée par Olivier Veran

 

  1. Particularités des pathologies neurologiques

 A. Maladies chroniques handicapantes et graves

Les patients atteints de maladies neurologiques souffrent pour la majorité d’entre eux d’un handicap moteur, sensitif et /ou cognitif à l’origine d’une dépendance plus ou moins sévère. Fréquemment évolutives avec le temps ces pathologies entrainent de nombreuses difficultés sociales, tant pour le patient que pour son entourage qui est alors sollicité comme aidant naturel. Il peut s’agir de maladies aiguës comme l’accident vasculaire cérébral (AVC), mais qui est souvent à l’origine d’un handicap chronique, ou de maladies neurodégénératives chroniques évolutives.

Ces maladies représentent un véritable enjeu de santé publique : plus de 2 millions de personnes vivent avec un AVC, une maladie de Parkinson, une sclérose en plaque, une sclérose latérale amyotrophique (SLA)…

  • on estime en effet qu’environ 800 000 personnes vivent avec un accident vasculaire cérébral, 800 000 avec une maladie d’Alzheimer, 150 000 avec une maladie de Parkinson, et 80 000 avec une sclérose en plaques
  • d’autre part elles sont à l’origine d’une lourde morbi-mortalité: à titre d’exemple l’AVC représente la première cause de handicap acquis, la deuxième cause de démence (après la maladie d’Alzheimer) et la troisième cause de mortalité.

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Financement des hôpitaux

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             Intervention lors de la rencontre avec la commission ministérielle dirigée par Olivier VERAN le 29/1/2016.

 

La mise en œuvre de la T2A, de façon précipitée en 2004 puis généralisée en 2008, a été le résultat de la conjonction d’un constat, d’une vision et d’une politique.

1 ) Le constat portait sur les limites de la dotation globale instaurée en 1983.

La dotation globale donnait une grande liberté d’organisation et d’activités aux médecins, mais par définition dans les limites de l’enveloppe budgétaire allouée.

Elle ne permettait pas le financement des médicaments et des dispositifs innovants et coûteux. Elle était injuste car elle avait été fondée sur une base historique qu’elle tendait à pérenniser. Elle ne prenait pas assez en compte l’évolution de l’activité. Elle ne contraignait pas à un codage exhaustif du PMSI.

Mais la prudence, défendue à l’époque par certains économistes et gestionnaires, aurait été de la faire évoluer comme on avait commencé à le faire avec l’instauration en 1996 des points ISA dépendant de l’activité. On aurait pu aussi décider d’une « liste en sus », hors dotation annuelle, pour les médicaments et dispositifs innovants et très coûteux

A ce constat critique sont venus s’ajouter une vision de l’avenir de la médecine et une orientation générale de la politique publique

2) La vision de l’avenir de la médecine était celle défendue par des médecins ultra-spécialisés comme Guy Vallancien et des économistes de la santé comme Claude Le Pen. Lire la suite

Discussion avec la commission d’Olivier Veran sur la réforme de la T2A à l’hôpital

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A la demande d’Olivier Veran, qui préside la commission sur la réforme du financement de l’hôpital, le MDHP a réuni le 29 janvier 2016  plusieurs acteurs du système de santé, (membres et non membres du MDHP) afin de témoigner concrètement des effets négatifs de la T2A.

Les intervenants (dont vous trouverez ci dessous la liste) ont indiqué que la pression exercée par la T2A pouvait modifier les comportements des soignants, en les forçant à privilégier et à augmenter les actes et soins les plus « rentables ». Lire la suite

Communiqué du MDHP après le suicide du Pr Jean Louis Mégnien sur son lieu de travail

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Le suicide sur son lieu de travail du Pr Jean-Louis Mégnien a profondément ému et interpellé la communauté médicale hospitalière. Les nombreux cas rapportés de souffrance au travail pour « harcèlement »  et très concrètement pour humiliations en public répétées,  mises « au placard », sanctions arbitraires apprises par mail sans entretien préalable,  espionnage du courrier, non-réponse aux lettres et aux demandes de rendez-vous, réduction des personnes à leur production  de T2A, etc., nous amènent à rappeler un certain nombre de principes :

1- Tout pouvoir nécessite un contre-pouvoir. Le pouvoir absolu ne peut déboucher que sur l’abus de pouvoir. Le contre-pouvoir ne peut pas  se limiter au  pouvoir  du cran hiérarchique  supérieur : le pouvoir du directeur d’ARS sur le directeur d’hôpital, le pouvoir du chef de pôle sur le chef de service… Il faut une commission des conflits composée de personnes indépendantes dont des personnes qualifiées indépendantes de l’institution.

2- La nomination à des responsabilités pour diriger des équipes médicales (chef de service ou d’unité  ou de département, chef de pôle) ne devraient pas se faire seulement sur des critères de compétences professionnelles en matière de soin, d’enseignement ou de recherche,  voire sur des critères de rentabilité T2A. Elle devrait  aussi prendre en compte des critères portant sur  les capacités d’animation , d’organisation et sur les qualités humaines des postulants dont la première est le respect des personnes, collaborateurs médicaux et non médicaux, étudiants et patients. Ces qualités devraient d’ailleurs être pareillement exigées des cadres de santé et des directeurs administratifs. Une nouvelle culture des relations humaines doit s’instaurer dans les hôpitaux français, un des lieux où la souffrance au travail est la plus répandue. Lire la suite

Les doubles discours de la bureaucratie hospitalière

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Le 17 décembre dernier, au Musée des moulages de l’Hôpital Saint-Louis, était lancé en grandes pompes l’ouvrage Soigner l’Humain. Un manifeste pour un juste soin au juste coût, paru ce même mois au Presses de l’EHESP. L’assemblée était fournie. De nombreuses personnalités officielles étaient venues célébrer l’ouvrage, relatant et analysant les innovations que portent les Permanences d’Accès aux Soins de Santé (PASS) en matière de prise en charge des personnes vulnérables et présentant une intrication des problèmes médicaux, psychologiques, sociaux, juridiques, etc. Etaient présents Mme la directrice générale de l’Hôpital Saint-Louis, M. le directeur général de l’EHESP, M. le directeur général de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, M. le directeur général de l’Agence Nationale d’Appui à la Performance, Mme la représentante du directeur général de l’organisation des soins, etc. Tous ont unanimement célébré l’utilité, la qualité et l’inventivité des PASS, dont certaines innovations pourraient irriguer l’ensemble du système de soins. Lire la suite

Les maladies chroniques: un enjeu majeur pour notre système de santé

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Notre système de santé est et va être soumis à un double défi :

  • d’une part le défi du financement du progrès biomédical et technologique avec des médicaments à plus de 100 000 euros par an, susceptibles de remettre en cause l’égalité d’accès aux soins.
  • d’autre part le défi des maladies chroniques qu’on peut soigner de mieux en mieux mais qu’on ne sait pas guérir. Elles touchent plus de 16 millions de patients et représentent 65% du budget de la Sécurité sociale

Or notre système de santé, ou plus exactement notre système de soins, n’est pas adapté au défi des maladies chroniques, sur 4 plans: prévention, modèle conceptuel, organisation, et rémunération. Lire la suite

Analyse du programme de santé de François Fillon

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François Fillon a présenté son programme santé . Il analyse assez justement l’impossibilité de poursuivre en l’état avec un système mixte à tous les niveaux : public et privé, financé à la fois par la Sécurité sociale et les assurances privées « complémentaires » (et par le reste à charge pour les ménages), géré à la fois par l’Etat et par la Sécurité sociale et dont les déficits s’accroissent avec le chômage, tandis que le remboursement de la dette est légué aux générations futures.

Il propose donc une mesure similaire au point 12 de la Charte pour une Santé solidaire (ci joint): la règle d’or de l’équilibre budgétaire de la Sécu. Lorsqu’un déficit est enregistré l’année n, l’année n+1 le déficit est comblé automatiquement par une augmentation des ressources ou/et par une diminution des dépenses. Encore faut-il que la décision soit prise après « débat avec les citoyens ». FF semble regretter « que dans les faits, la santé ne fasse pas l’objet d’un réel débat public » (page 10). Il s’agit toutefois d’un simple regret sans repentir de sa part pour la loi techno/bureaucratique dite HPST.

 

Mais pour sortir de la mixité complexe et coûteuse de notre système de santé, il y a plusieurs voies:

1) celle de l’étatisation, épouvantail des professionnels de santé libéraux.

2) celle de la privatisation et de la mise en concurrence sur le marché avec ses conséquences : plus d’inégalité, un peu moins de dépenses publiques mais beaucoup plus de dépenses privées

3) celle de la socialisation grâce à une Sécurité sociale renforcée avec un financement solidaire dédié, remboursant à au moins 80% un panier de soin solidaire , et cogérée par les représentants de l’Etat, des professionnels de santé et des usagers( cf la Charte pour une santé solidaire)

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Collaborer avec les associations de patients: l’exemple des Etats Généraux du Rein.

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Renaloo, association de patients créée en 2008, a pendant 2 ans ( 2012-2013) collaboré avec la Société Francophone de Dialyse et la Société de Néphrologie lors des Etats Généraux du Rein, qui ont permis de faire le bilan des progrès obtenus et restant à faire dans la prise en charge des patients insuffisants rénaux.

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Le rapport de la Cour des comptes rendu public en septembre 2015 consacre son chapitre X à l’insuffisance chronique terminale. Lire la suite

Ambiguïté de la FHF et double langage de ses présidents

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La FHF se dit très déçue par la position du Sénat rejetant la définition du Service Public Hospitalier (SPH) proposée par la loi de santé. Les sénateurs veulent revenir à la loi HPST qui définissait le service public hospitalier par 14 missions (potentiellement délégables à la carte aux établissements privés), si bien que 70% de l’activité de l’hôpital public ne relevaient pas du service public, selon la loi HPST,
Cette activité devait  donc être  soumise  à la » libre concurrence ». D’où le projet de convergence tarifaire entre le public et le privé.

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Affaire Mediator: l’appel des 30

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La gravité de l’affaire  MEDIATOR  est sous estimée par beaucoup.
= mensonges, déni et maintenant multiplication des artifices procéduraux.
Les dégats sont considérables d’abord pour les victimes, mais aussi pour la  communauté médicale dans son ensemble.
 Le silence gêné des responsables des sociétés savantes ,sous prétexte que la pocédure judiciaire  est en cours, devient assourdissant.
 Il permet à tous les égos surdimensionnés et à tous les relativistes anti-scientifiques de développer leurs théories du complot et du tous pourris.   Au nom de la lutte contre la corruption , ils en profitent pour développer  leurs élucubrations contre les vaccins, contre les statines, pour la « patamédecine »…. »L’effet Even: combien de morts? »
Vous trouverez ici le manifeste  demandant à la communauté médicale de suspendre ses liens avec le laboratoire  Servier tant qu’il  ne reconnaîtra pas ses torts et n’acceptera pas d’indemniser les victimes sans multiplier les artifices de procédures. Merci de le signer.
André Grimaldi

Cash investigation: les commentaires d’André Grimaldi, Frédéric Pierru et Nicolas Belorgey

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André Grimaldi, médecin:

« Beaucoup m’ont demandé de commenter l’émission Cash Investigation consacrée à l’hôpital et aux statines.

1°) La première partie sur l’hôpital et sur les directeurs est assez caricaturale mais la dénonciation de la logique productiviste de la T2A conduisant à l » up-coding » m’a semblé assez bien vue, les commentaires du sociologue Frédéric Pierru m’ont paru excellents.
Néanmoins, l’émission n’a porté que sur l’hôpital public dont les personnels protégés par leur statut peuvent parler et non sur les établissements privés dont les professionnels sous contrat se taisent.

2°) La 2ème partie mélangeait perfidement 2 débats: celui sur les conflits d’intérêts et celui sur l’efficacité des statines.
On peut être convaincu de l’efficacité des statines et ne pas avoir de conflits d’intérêts. Et réciproquement, comme le montre le cas singulier de l’ex-président de l’institut privé Necker, grand accusateur des statines (il a dû démissionner précipitamment de sa présidence en raison de ses liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique qu’il dénonce ou loue, à la carte).
Ceci dit le pivot de l’argumentation reposait sur l’accusation de manipulation des données de l’étude Jupiter réalisée chez des personnes en prévention primaire.

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Appel des médecins hospitaliers pour sortir l’hôpital public de la crise

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Cet appel a été lancé par des médecins de l’hôpital public.
Tous les professionnels de santé, les usagers sont invités à le signer.

Vous trouverez le formulaire de signature juste après le texte de l’appel.

Les hôpitaux publics connaissent une double crise, une crise de financement, et une crise d’adaptation au progrès de la médecine et aux changements des besoins des patients.

La crise financière est due à la volonté des gouvernements successifs de contraindre un peu plus chaque année le budget hospitalier. Ce sont 3 milliards d’économie qui sont à nouveau demandés aux hôpitaux d’ici 2019. Les directeurs d’hôpitaux en déficit devront prendre les mesures nécessaires pour assurer le retour à l’équilibre : geler les investissements, supprimer des activité non rentables, réduire les emplois, utiliser de plus en plus des personnels sous contrats temporaires et demander aux personnels sous statut de travailler plus sans gagner plus, alors même que la « productivité » hospitalière a augmenté selon les sources officielles de 2% par an depuis 2003 et que des journées travaillées et non payées s’accumulent sur des comptes épargne-temps. Lire la suite

Améliorer la qualité des soins : mythe et réalité.

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Comment améliorer la qualité des soins ? Le « manageur » et le « consommateur éclairé » répondent en chœur : «  d’abord en la mesurant, puis en la payant ». Et l’économiste libéral ajoute en optimisant le rapport qualité/coût grâce à la libre concurrence. Hélas, il n’est pas facile de transformer la qualité en quantité (« de faire d’un tout un tas » comme dirait Régis Debray) dès lors qu’il ne s’agit pas d’appliquer simplement des procédures mais d’individualiser les traitements en prenant en compte l’extrême variabilité des êtres humains sur le plan biomédical et plus encore psychosocial. Si les «  indices de qualité » portent sur les résultats, ils incitent à sélectionner les patients, s’ils portent sur les procédures ils entraînent des biais de comportements opportunistes et ratent l’objectif. Verser de la solution hydro-alcoolique dans le lavabo améliore l’indice de lutte contre les infections nosocomiales  ! L’expérience anglaise du Pay for Performance (P4P) a montré que pour remplacer la motivation intrinsèque des médecins par une motivation financière extrinsèque, il fallait y mettre le prix ! Plus récemment la Cour des comptes a estimé que la carotte au doux nom de ROSP (revenu sur objectif de santé publique) était trop sucrée et qu’il serait judicieux d’y associer le bâton ! Et surtout on a vu que les médecins avaient alors tendance à soigner les indices plutôt que les patients. D’où en retour une certaine méfiance des patients : «  il m’a prescrit un générique pour toucher la prime ! ».

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Approche médicale de la crise

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par Laurent Degos, en complément de sa chronique parue le 02/06/2015 dans La Croix

En période de crise, qui n’est en fait qu’une mutation due au progrès médical, chacun défend son pré carré et se réfère à des valeurs multiples, catégorielles, de contraintes financières, de défense de l’emploi, de sécurité, de qualité, et d’efficience. En fait la seule valeur en santé est le résultat médical obtenu après la prise en charge du patient. Lire la suite

Va-t-on vers une grève nationale des personnels hospitaliers?

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Pour mieux comprendre le caractère explosif de la situation, il faut écouter l’audition du Directeur de la DREES,  Mr Franck von Lennep, par la commission parlementaire présidée par madame la député Barbara  Romagnan, chargée d’étudier les effets de la réduction du temps de travail. Hélas la vidéo a été retirée aujourd’hui du site de l’Assemblée nationale
En substance le directeur de la DREES y rappelait:
1) que la « productivité » des hôpitaux n’a cessé d’augmenter depuis 2003
( » 2% par an » )

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Un rapt de 429 millions d’euros ?

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D’après la FHF le gouvernement  a détourné 429 millions des MIGAC . Ce faisant il a réduit le déficit de la Sécu en augmentant d’autant celui des hôpitaux publics, lesquels font de leur côté tout ce qu’ils peuvent  pour augmenter la facture à la Sécu (T2A oblige). L’APHP forme 15 codeurs supplémentaires chaque année !
Pour réduire le déficit des hôpitaux,  les directeurs après avoir vendu les bijoux de famille et raclé les fonds de territoire,  sont obligés de demander aux personnels de travailler plus sans gagner plus (en réduisant le nombre des  RTT) ou de supprimer des emplois au risque d’être contraints de réduire l’activité (on voit mal comment des syndicats pourraient être d’accord ). Gageons que Martin Hirsch sera finalement contraint de faire et l’un et l’autre. Il diminuera un peu le nombre de jours de RTT et diminuera les emplois ( moins que prévu)  .

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FHF: comment les pouvoirs publics organisent le déficit des hôpitaux publics

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A l’occasion des derniers Salons Santé Autonomie (19 au 21 mai), le Ministère de la Santé a annoncé une aggravation probable du déficit des hôpitaux publics en 2014. Le chiffre avancé est de l’ordre de 400 millions d’euros.

La FHF avait, quant à elle, pronostiqué une diminution du déficit 2014 par rapport à celui de 2013, en raison notamment d’une campagne budgétaire et tarifaire plus équitable que les années précédentes. C’était hélas sans compter sur le tour de passe-passe des Pouvoirs Publics. L’aggravation du déficit est en effet le simple et consternant résultat du non-respect par l’Etat de ses engagements. Lire la suite

Communiqué de médecins et pharmaciens de l’AP-HP sur la réforme du temps de travail

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La direction de l’AP débute les négociations sur la réforme du temps de travail des personnels hospitaliers.
Nous sommes des médecins et pharmaciens hospitaliers attachés a l’hôpital public et à ses équipes, et partageons l’inquiétude exprimée par les personnels.
Nous avons déjà constaté depuis plusieurs années la dégradation des conditions de travail des équipes hospitalières. Lire la suite

Communiqué sur les 35 heures à l’AP-HP

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L’AP-HP vient d’ouvrir la négociation sur l’organisation du temps de travail. Cette négociation ne remet pas en cause les 35 heures comme durée hebdomadaire de travail, mais a pour objectif selon la direction d’adapter l’organisation du travail aux nouveaux besoins des patients, d’améliorer les conditions de travail et de permettre de « défendre l’emploi à l’AP-HP ». Il s’agit de faire des économies en réduisant le nombre de jours de récupération du temps de travail, c’est-à-dire de demander au personnel de travailler plus en gagnant autant. En échange la direction générale fait des promesses : stabiliser les plannings de travail aujourd’hui fluctuants, ce qui est une source de désorganisation quotidienne des équipes de soins, et surtout maintenir les effectifs, en évitant de supprimer dans les 5 ans 4000 emplois, dans l’espoir d’un retour à l’équilibre financier. Mais la tenue de ces promesses dépend d’autres facteurs, en particulier des tarifs des séjours, qui sont revus à la baisse année après année, et des plans d’économie des dépenses publiques, qui frappent particulièrement le secteur de la santé et les établissements hospitaliers. Lire la suite

Charte pour une santé solidaire

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La santé est notre bien le plus précieux. Sa protection est un principe constitutionnel fondamental. Elle impose une politique de prévention et de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. Elle suppose également de garantir l’égalité d’accès aux soins quand survient la maladie. C’est pourquoi la protection sociale de la santé doit être financée par la solidarité. Mais ce financement est forcément limité, obligeant à faire des choix selon la règle du juste soin pour le patient au moindre coût pour la collectivité, en distinguant ce qui relève de la solidarité, et, à ce titre, devrait être entièrement financé par la collectivité, et ce qui relève de choix personnels. L’évolution de la médecine et de la société, l’aspiration démocratique et égalitaire appellent une Charte pour une santé solidaire fondée sur les principes suivants :

1. Respect des droits des malades 1)dignité, non-discrimination, secret médical, information, codécision et participation

2. Formation à la santé à l’école, au collège et au lycée

3. Prévention et éducation à la santé tout au long de la vie en lien avec le médecin traitant2)avec le concours notamment des services de prévention collective (protection maternelle et infantile, santé scolaire, santé au travail, …)

4. Garantie d’un accès effectif 3)respect des tarifs fixés par les conventions conclues entre la Sécurité sociale et les professions de santé et délais de prise en charge adaptés sur tout le territoireà une médecine de ville universelle 4) définie comme une médecine de ville (professionnels libéraux, centres de santé, …) respectant les tarifs fixés par les conventions conclues entre la Sécurité sociale et les professions de santé, par opposition aux professionnels de santé pratiquant des dépassements d’honoraires et au service public hospitalier Lire la suite

References   [ + ]

1. dignité, non-discrimination, secret médical, information, codécision et participation
2. avec le concours notamment des services de prévention collective (protection maternelle et infantile, santé scolaire, santé au travail, …)
3. respect des tarifs fixés par les conventions conclues entre la Sécurité sociale et les professions de santé et délais de prise en charge adaptés sur tout le territoire
4. définie comme une médecine de ville (professionnels libéraux, centres de santé, …) respectant les tarifs fixés par les conventions conclues entre la Sécurité sociale et les professions de santé, par opposition aux professionnels de santé pratiquant des dépassements d’honoraires 

Hôpitaux publics: produire plus pour gagner moins

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1° Selon le communiqué de Marisol Touraine, »compte tenu de l’augmentation prévisionnelle du volume d’activité, les tarifs seront réduits de – 0,65% », de façon « équitable » (identique pour les hôpitaux privés et publics) en sachant que l’activité prévisionnelle de l’hôpital public  croîtra d’environ 3% (2,8% en 2014).

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injonctions paradoxales

2° Le plan de réduction des dépenses sur 3 ans présenté aux directeurs des ARS en février 2015 prévoit 3 milliards d’économies pour les hôpitaux.  Mais selon le communiqué du Ministère les suppressions d’emploi ne sont pas « programmées » ou plutôt « il n’y pas d’objectif chiffré de réduction des effectifs « .
Les « managers » devront donc s’en charger.

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Positions et propositions du MDHP

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Résumé des propositions (pour le texte complet, c’est ici) :

1°) La santé est un bien commun qui doit être également partagé et financé par la solidarité. Il s’agit d’un bien limité qui devrait être cogéré par l’Etat, les représentants des usagers/assurés et les représentants des professionnels. Cette cogestion devrait se faire dans le respect du libre choix pour les patients et de l’indépendance des professionnels.

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Sur le web – 2016, semaines 1-4

4 janvier 2016 : voir ici un plaidoyer pour le deuxième avis.

6 janvier : Stephen Hawking annonce tout simplement la fin de l’humanité, qui n’a d’autre ennemi qu’elle même. Une solution : coloniser l’univers (voir ici).

12 janvier : le professeur Noël Garabédian est élu président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP. « La qualité de vie au travail sera l’une des priorités d’actions de la CME » , a-t-il déclaré dès son élection. Il a ajouté que les médecins ne devaient pas se prendre pour des administratifs, ni les administratifs pour des médecins. Belle doctrine et beau projet !

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